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Nico Rosberg, un championnat et puis s’ en va

Nico Rosberg, un championnat et puis s’ en va

1 commentaire 📅05 décembre 2016, 08:05

Coup de théâtre ! À Vienne, avant la cérémonie de remise des prix de la FIA vendredi dernier, qui vient matérialiser les victoires des pilotes et des constructeurs dans les différents championnats du monde automobiles, Nico Rosberg annonce son retrait de la Formule 1 ! Le pilote de l’écurie Mercedes-AMG, a pris cette surprenante décision juste après avoir obtenu son premier titre de champion du monde des pilotes.

Nico Rosberg brûle les étapes, mais pas ses ailes. Après onze ans de Formule 1, après 25 années de sport automobile, le pilote allemand touche enfin la cime. Il compte bien y rester et raccroche le volant sans repartir à la conquête d’une nouvelle coupe.

Nico Rosberg

Personne ne s’y attendait, de la part de celui qui fut souvent presque trop discret durant la majorité de sa carrière, et qui s’est révélé très récemment avec une première victoire au Grand-Prix de Chine 2012. La première de ses 23 courses remportées en 206 Grands-prix. À son actif également, des victoires sur tous les circuits de légende du « Big Five » (Monaco, Monza, Silverstone, Spa-Francorchamps et Suzuka), 30 pole positions, 57 podiums et 20 meilleurs tours en course.

Rosberg a le flair !

Lui qui gérait seul sa carrière, sans l’aide d’un manager, a su miser sur Mercedes-GP en 2010, l’écurie qui est devenue numéro un durant ces trois dernières années, dans une domination sans partage. Il était donc là quand les performances de sa monoplace ne suivaient pas celles de la concurrence. Il a participé à la mise au point de la machine de guerre que l’on connaît aujourd’hui, au côté du coéquipier le plus incroyable qu’un pilote puisse avoir, Michael Schumacher. Il a pu ainsi s’inspirer de sa façon de travailler, comme il le confie dans une interview accordée au « Monde » avant la dernière manche de cette saison :

« C’était une grande expérience d’apprentissage pour moi, voir Michael et comment il travaillait. Même dans les dernières courses avant sa retraite, il y allait à fond, avec la même intensité que lors des premières courses. Et cela a été une véritable révélation pour moi. Ce furent des années très précieuses dans ma carrière. »

Michael Schumacher - Nico Rosberg

Contrairement au septuple champion du monde, il a pu profiter de ce long développement qui a porté ses fruits en course à partir de 2014, et en qualification dès 2013, avec pour coéquipier Lewis Hamilton, le pilote étiqueté McLaren à cette époque.

Celui-ci est passé brillamment à l’étoile et à décroché deux titres consécutifs de champion du monde en 2014 et 2015, laissant la deuxième place à Rosberg. Sans doute grâce à un « feeling » du pilotage supérieur sur lequel il peut compter et se reposer. Mais se reposer, c’est justement un mot que ne connaît pas Nico. Les deux amis d’enfance sont ainsi complémentaires, et l’allemand, à force de travail acharné, d’amélioration constante sur lui-même et d’un mental inébranlable dont Lewis a beaucoup à apprendre, a rendu la compétition entre les deux plus serrée que ce que l’on a pu voir en F1 entre deux coéquipiers depuis l’époque « Prost-Senna ».

Rosberg - Hamilton

La saison 2016 a été serrée du début à la fin. Nico Rosberg l’a commencée sur les chapeaux de roues, avec quatre victoires qui ont suivi celles des trois dernières courses de 2015. Il a perdu la tête du championnat au milieu de l’été durant quatre épreuves, l’a reprise ensuite pour ne plus la lâcher, gérant la fin de la saison très intelligemment, évitant les risques, économisant sa monture et résistant à la pression dans les moments les plus intenses. Capable de dépassements musclés dans les moments clés, les pénalités ne l’ont pas arrêté. Bref, il fait le boulot, c’est sans doute ce qu’il sait faire le mieux.

Nico se hisse au plus haut

À 31 ans, il accède au Graal alors qu’il n’était pas donné favori. Son tempérament réfléchi, son train de vie moins tape à l’œil que son voisin de paddock, ou encore sa carrière à l’ascension assez ordinaire rendait un potentiel titre moins « vendeur » pour la discipline que celui d’un pilote atypique déjà titré trois fois en 10 ans de carrière. Mais cet effet de surprise, cette capacité à déjouer les pronostiques, tout ce travail pour vaincre au plus haut niveau, est une vraie publicité pour la Formule 1, la représentation parfaite que dans le sport rien n’est joué d’avance. L’annonce de sa retraite, inattendue, le fait sortir par la grande porte de la même façon qu’il est descendu de sa monoplace pour la dernière fois, avec panache.

Nico Rosberg

Il inscrit maintenant son nom parmi les grands de la F1, quelques lignes sous celui de son père Keke Rosberg, champion du monde 1982. Comme lui, il en aura eu qu’un seul. Avec lui, ils auront été le deuxième duo père-fils champions du monde, après Graham (1962, 1968) et Damon Hill (1996). Le titre était un rêve depuis ses 6 ans, et également son unique objectif. It’s done !

La pression d’un tel niveau de compétition, d’être à deux doigts de toucher au but et de pouvoir encore tout perdre. Le soulagement de la réussite serait énorme, un échec, terrible. Il fallait terminer sur une note positive, une chance qui ne se représentera peut-être pas deux fois. Voilà son état d’esprit avant la dernière course à Abu Dhabi, qu’il explique dans son annonce de retrait sur les réseaux sociaux :

« Quand j’ai gagné la course de Suzuka, à cet instant ma lutte pour le titre était entre mes mains, j’ai commencé à ressentir une grosse pression et j’ai commencé à penser à mettre fin à ma carrière si je devenais champion du monde. Dimanche matin à Abu Dhabi, je savais que ça serait ma dernière course et ce sentiment a fait le vide dans ma tête avant le départ. Je voulais profiter de chaque instant de l’expérience, en sachant que ça pourrait être la dernière fois… Et quand les feux se sont éteints j’ai vécu les 55 tours les plus intenses de ma vie. »

On était avertis que cette saison marquerait la fin d’une époque avec les départs à la retraite annoncés de Felipe Massa (35 ans) et de Jenson Button (36 ans). On attendait certainement pas celui de Nico Rosberg avant quatre ou cinq ans. Partir après la consécration, comme Alain Prost en 1993, c’est ce qui le rend exceptionnel. Maintenant qu’il est au sommet, le troisième champion du monde allemand de Formule 1, après Michael Schumacher et Sebastian Vettel, rejoint les étoiles de ce sport.

Nico Rosberg

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