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Essai occasion : Porsche Cayman R

Essai occasion : Porsche Cayman R

4 commentaires 📅24 octobre 2014, 08:39

Après les essais des Cayman S, place au Porsche Cayman R ! Cette version plutôt méconnue est pourtant la déclinaison la plus sportive et radicale du Cayman, apparue en 2011 et commercialisée jusqu’en 2012 seulement. La démarche est peu ou proue la même que le traitement appliqué à la 911 GT3. Aujourd’hui quelques rares exemplaires sont sur le marché de l’occasion, à des prix inférieurs à ceux des GT3, souvent plus anciennes. Retour sur cette voiture fabuleuse, qui me fait beaucoup penser à sa grande sœur, la 997 GT3.

Rappel : la gamme Cayman

Pour rappel, et je vous invite à relire notre essai de la Porsche Cayman S, la R fait partie de la gamme Cayman positionnée entre la Boxster et la 911. Techniquement, c’est la même base que le petit roadster de Stuttgart, mais avec un toit plongeant vers l’arrière, qui magnifie les ailes arrière bombées. Le positionnement est pourtant plus haut de gamme, avec un prix de vente supérieur et des moteurs légèrement plus puissants, pour l’ensemble de la gamme. Ce qui fait la force de ce petit coupé, au-delà d’un prix de vente plus attractif que la reine mère 911, c’est son parfait équilibre grâce à son moteur en position centrale arrière et le fait qu’elle soit un véritable condensé de Porsche. C’est une vraie de vraie, autant par sa signature stylistique, que son agencement intérieur, le sérieux de sa réalisation, sa supériorité technique, ou encore sa mécanique puisque nous retrouvons des flat 6 dans le compartiment moteur (2.7, 3.4 puis 2.9 et 3.4 à injection directe sur les phase II). On peut ajouter sa polyvalence exemplaire, presque au niveau d’une 911, mais il ne s’agit que d’une stricte 2 places. Néanmoins, ses deux larges coffres et son hayon garantissent la possibilité de voyager à deux sans trop de compromis !

Cayman R et ses soeurs Cayman S

Cayman R et ses soeurs Cayman S

Ce qui change avec le Porsche Cayman R

le R se positionne tout en haut de la gamme Cayman. C’est le plus sportif, le plus radical, et… le plus cher ! La présentation devient plus « racing » et agressive : aileron fixe, lames avant, feux avant noircis, châssis rabaissé, jantes de 19, bandes latérales et associations de coloris contrastants. Techniquement, les modifications principales portent sur l’allègement -55 kg, une légère hausse de puissance – 330 ch contre 320 pour le Cayman S phase II, et des trains roulant très affutés. L’allègement n’est pas énorme mais il faut rappeler que le Cayman S est déjà une plume dans sa catégorie. Le Boxster Spyder reste le plus léger de la gamme Porsche, mais le Cayman R passe sous la barre des 1 300 kg ! Bon, d’accord, ça s’est dans la version la plus radicale : pas de clim, pas d’autoradio, pas d’option… La clim est plus que recommandée : le moteur en position centrale arrière surchauffe l’habitacle, surtout en utilisation intensive ! Comme elle est plus polyvalente qu’une GT3, vous pouvez envisager les voyages et par conséquent un autoradio peut s’avérer utile. En revanche vous avez d’origine les baquets en carbone absolument splendides et confortables ou encore les jantes les plus légères de la gamme Porsche. Mais ce n’est pas tant par sa perte de poids que le Cayman se trouve transfiguré, mais par son caractère moteur et surtout, ses trains roulants revus.

Porsche Cayman R

Porsche Cayman R

La conduite

Sur la route, les changements avec un Cayman S ne sont pas énormes mais se ressentent et s’entendent : la sonorité est encore plus enivrante, vu que celle-ci est très typée « bloc de course ». On retrouve le son caractéristique des GT3. Évidemment je vous conseille de trouver un exemplaire doté de l’échappement sport, c’est obligatoire ! Ce bloc est franchement hargneux, bien plus que les Cayman S phase I de 295 ch que nous avons essayés précédemment. Il monte rageusement jusqu’à 7 400 tr/min, avec cette sonorité incroyable qui vous donne réellement l’impression d’évoluer dans une auto bien plus huppée. On lui reprochera uniquement un manque de couple en dessous de 3 000 tr/min, obligeant à souvent rétrograder alors que le 3.8 d’une 997 S enroule sur le couple plus aisément, par exemple.

La suspension n’est pas trop ferme contrairement à ce que nous pouvions craindre. Le PASM, comprenez suspensions pilotées, fait parfaitement son travail, rendant cette sportive radicale tout à fait fréquentable ailleurs que sur le billard d’un circuit. Et c’est la grande force de ce Porsche Cayman R comparé à une GT3 : la 911 a beau être la GT ultra polyvalente, vous ne verrez aucun propriétaire de GT3 s’en servir au quotidien ! Elle est trop ferme, trop basse, peu pratique, les Michelin Pilot Sport Cup de série ne sont pas du tout à l’aise sur chaussée détrempée. Le Cayman R s’en sort beaucoup mieux, et est monté avec des pneumatiques plus conventionnels (ex. : Michelin Pilot Sport). Sur circuit les suspensions retravaillées rendent l’auto plus incisive et réactive, sans être piégeuse. L’équilibre parfait du Cayman est magnifié, on le ressent encore mieux travailler et ses limites, lointaines, ne trahissent pas. La motricité s’avérant excellente, et le couple du flat six 3.4 somme toute mesuré, la remise des gaz se fait sereinement. J’ai eu l’occasion de piloter cette auto sur pistes sèches et détrempées : son niveau d’adhérence latérale m’a impressionné y compris sous la pluie. Un simple Cayman S est moins à l’aise. Par ailleurs son freinage est évidemment excellent, comme toute Porsche qui se respecte, et vu son poids, l’option freins céramique n’a pas de réel intérêt.

La boite à double embrayage était disponible en option, et force est de constater que l’efficacité s’en trouve améliorée, mais l’unité manuelle 6 vitesses offre un maniement parfait et est Ô combien plus gratifiante. C’est dans cette configuration que nous l’avons essayée. De toute façon, sur des journées circuit, la majorité des autos présentes sont beaucoup plus performantes, donc autant tout miser sur le plaisir du pilotage. De surcroît, ce Porsche Cayman R, avec les 997, fait partie des dernières Porsche « analogiques », vu que la 991 GT3 n’est plus disponible qu’en boite PDK… Alors autant profiter de ce plaisir « old school » qui sera certainement valorisé dans les années à venir.

Chose intéressante à savoir : les Cayman sont des autos plutôt faciles à entretenir, notamment en ce qui concerne la durée de vie des pneumatiques. Le poids contenu, l’équilibre du châssis, la puissance suffisante mais pas démoniaque n’usent pas les consommables, notamment les pneus avant, qui paraissent indestructibles.

Porsche Cayman R

Porsche Cayman R

Conclusion

La Porsche Cayman R ne creuse pas un écart si impressionnant que ça en terme de performances pures par rapport à un Cayman S équipé des options les plus sportives, mais il le magnifie très nettement : les trains roulants sont exceptionnels par leur précision, leur efficacité et le ressenti offert, le flat 6 est encore plus rageur, le poids contenu améliore son agilité. Sans compter sur son ambiance si particulière : vous n’êtes pas dans n’importe quel Cayman et vous n’en croiserez que peu sur les routes ou même les circuits (c’est un vrai collector : seuls 3 520 exemplaires ont été construits). C’est un outil parfait : polyvalent mais franchement méchant sur piste, capable de battre des autos bien plus performantes s’il est bien emmené, cet exemplaire trouverait parfaitement sa place dans mon parking ! Je vous laisse juger de sa rapidité et de son efficacité dans la vidéo d’une journée piste sur le Circuit Catalunya, le circuit F1 près de Barcelone, où j’ai pu croiser le fer avec une Ferrari 430, une 997 GT3 RS ou encore des M3 V8 et autres 997 S en pagaille…

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A propos de l'auteur

Guillaume Lescaroux
Guillaume Lescaroux

Passionné d'automobile depuis sa plus tendre enfance, Guillaume a toujours rêvé de pouvoir la partager avec toute personne sensible à ce secteur. Pilote à ses heures perdues, il a pris le volant pour Sport Auto lors de la saison 2011 de la Caterham Academy France.

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