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Essai Occasion : Porsche 997 Turbo

Essai Occasion : Porsche 997 Turbo

0 commentaire 📅22 décembre 2014, 08:18

La Porsche 997 Turbo phase 1, la Turbo pour les intimes. Cela fait longtemps que je souhaite vous en parler, mais il est difficile, encore aujourd’hui, de mettre des mots sur la bestialité de ce missile sol-sol. Vous l’aurez compris ou tout du moins remarqué, j’ai eu la chance d’essayer bon nombre de sportives, issues des plus prestigieuses manufactures, portant des blasons mythiques dont la prononciation suffit à vous transporter dans un 1 000m. D.A. virtuellement épique. Mais aucune, j’insiste sur le mot aucune, ne m’a arraché un « m-bip-e !! » de surprise lorsque, pour la première fois avec la Turbo, j’ai écrasé l’accélérateur sur le deuxième rapport ! J’ai été avec elle, pour la première fois de ma vie de conducteur, surpris par la violence de l’accélération, et à ce jour, je ne connais rien qui m’ai procuré les mêmes sensations de brutalité alors que l’aiguille du compte tours était littéralement projetée vers la zone rouge. J’ai eu la chance de conduire cette auto à différentes occasions : sur la route, l’autoroute, les circuits… depuis rien n’a su m’impressionner autant que celle que j’ai affectueusement surnommée la catapulte, bien qu’elle ait ses défauts. Retour sur un mythe !

Porsche 997 Turbo

Porsche 997 Turbo

La Belle

Tout d’abord, on peut dire que dans son genre, elle est belle. Belle car franchement charismatique : elle dégage une certaine prestance et donne une idée de la fureur mécanique qu’elle cache dans ses entrailles. Elle se distingue des autres 911 de type 997 par son bouclier avant aux petites veilleuses rondes et au profil très échancré pour la nourrir en air. Les clignotants ont d’ailleurs été mis sous forme de barrettes de diodes afin de ne pas entraver l’admission d’air… Les ailes arrière sont dans leur version les plus larges de la génération 997, largement ouvertes en amont des roues arrière afin de gaver la bête en air frais et à nouveau ouvertes en aval, afin d’évacuer les calories des deux TGV (turbos à géométrie variable, mais nous allons revenir dessus plus bas) et enfin, le capot moteur est surplombé par un aileron biplan qui se dédouble au-delà de 120 km/h. Quelle gueule ! Et quel c-bip-l !  L’intérieur est le même que dans une simple Carrera, à cela près que la Turbo représentant le haut de gamme de la 911, quasiment toutes les options sont comprises dans le prix d’achat, donc le cockpit et particulièrement accueillant avec toutes les options de confort disponible sur cette générations de 911. Parce que la Turbo, c’est avant tout la GT parfaite.

Porsche 997 Turbo

Porsche 997 Turbo

La Bete

La 911 Turbo, chez Porsche c’est celle qui a des performances de supercars, mais que vous pouvez utiliser au quotidien, pour voyager loin, et surtout très vite en toute décontraction, puisque les quatre roues motrices sont là pour veiller au grain. Si vous voulez jouer avec une telle bestialité sur le seul train arrière, il faut regarder du côté de la GT2. Vous savez, celle qui est surnommée « la faiseuse de veuves »… La 997 Turbo quant à elle reste souveraine en toute circonstances. Sur route ou autoroute, vous n’atteindrez pas ses limites. Ses 480 ch paraissent aujourd’hui presque désuets tant les sportives ont gagné en puissance depuis 2006, mais ce qui fait toute la monstruosité de cette Turbo, ce sont ses deux turbos à géométrie variable. Cela existait déjà sur certains diesels, mais sur un moteur essence c’était une première en 2006, à cause des contraintes de températures imposées par un vrai moteur qui prend des tours. Ainsi les turbines sont équipées d’ailettes réglables automatiquement qui offrent des degrés d’ouverture infinis. L’avantage est de cumuler le bon côté des petites turbines qui soufflent fort à bas régime mais s’essoufflent vite, avec celui des grosses turbines qui elles ne fonctionnent pas à bas régime et cognent fort vers le haut du compte tour. Du coup dans la Porsche 997 Turbo ça pousse tout le temps. Puis comme Porsche l’a équipée de quatre roues motrices qui garantissent une sécurité optimale, bah… ils se sont permis de lui greffer une paire de ces fameux turbos ! Et tout cela sur le fameux bloc Metzger, en 3.6, dérivé de la GT1 qui a gagné les 24H du Mans en 1998. Et comme chez Porsche on veut toujours en offrir plus, il existait une option intéressante : le pack Sport Chrono Turbo, dont je vous passe la liste de ces bienfaits, si ce n’est qu’il proposait un overboost. Oui, oui. Pendant 10 secondes le missile sol-sol pouvait devenir sol-air : la pression de suralimentation des turbos passait de 1 à 1.2 bar, le couple de 63.2 à 69.2 mkg entre 2 100 et 4 000 tr/min. Pratique pour les dépassements lors de vos longs trajets à laquelle cette 997 Turbo est prédestinée. Cette voiture est confortable sur tous les types de route, le PASM (comprenez suspensions pilotées d’origine sur Turbo) étant une véritable merveille. La direction est un modèle du genre et transmet toutes les informations nécessaires, tandis que la boite 6 vitesses est, comme toujours chez Porsche, absolument parfaite. A noter que la boite automatique Tiptronic S était proposée dans une version améliorée : 6 rapports et plus rapide, mais il faut attendre la Turbo phase 2 pour profiter de la PDK à double embrayage. La stabilité, même à sa vitesse maxi, soit 310 km/h, est impériale. Le niveau sonore est juste comme il faut pour profiter de la mécanique mais sans être gêné et ainsi profiter de l’excellente HiFi Bose, chose moins aisée dans une GT3, au hasard… Au final son seul défaut si on veut pinailler est que pour une telle GT aux longs cours son autonomie est un peu juste, surtout si vous portez au rouge les Turbos en permanence…

Porsche 997 Turbo

Porsche 997 Turbo

Sur la piste

Sur circuit on comprend vite que la Turbo, malgré ses performances incroyables (le 0 à 100 en 3.9 sec., le 1 000 m D.A. en 21.8 sec !), n’est pas à son aise. Oui vous prendrez du plaisir et quel bonheur de pouvoir accélérer sans jouer à la roulette russe avec votre permis ! Mais elle paie toute sa technologie embarquée par un poids qui frôle les 1 600 kg, ce qui est léger dans la catégorie, mais lourd pour une 911. Son train avant est pataud comparé à celui d’une Carrera S ou surtout d’une GT3, et lorsque vous atteignez vraiment les limites vous êtes gêné par son caractère de Turbo : lorsque vous reprenez les gaz en virage, vous êtes au rupteur trop rapidement, à savoir encore en plein appui lorsqu’il faudrait monter un rapport, donc où vous tentez de monter un rapport en appui (ce qui peut être scabreux) ou vous êtes obligé de patienter en soulageant légèrement et attendre d’avoir les roues droite. Ceci dit vous accélérez toujours plus fort que tout le monde, la légère « perte de temps » est moindre. Néanmoins, n’imaginez pas suivre une 997 GT3 dans le sinueux ou même en courbe : la ballerine vous montre bien que les gênes d’ultra sportive, c’est bien elle qui en a hérité ! La sanction est la même au freinage, où les 200 kg de moins font également la différence, comme la vitesse supérieure à laquelle la Turbo arrive. Néanmoins, il faut souligner les progrès de Porsche concernant la sportivité et l’agilité de la Turbo : une 996 Turbo, bien inférieure en performance avec ses 420 ch, était franchement pataude, même comparée à la 997 Turbo. En fait, elle paie le poids de ses roues avant motrices. Signalons tout de même que la répartition pouvait varier de 0 à 100% sur l’arrière, toujours pour plus de sportivité. Pour améliorer son comportement vous pouvez toujours monter les Michelin Pilot Sport Cup des 997 GT3, mais attention la fréquence de changement de vos gommes… à ce niveau là, ça fait peur : 5 000 km si vous limez beaucoup de piste. Mais comprenons-nous bien : la Turbo reste un outil fabuleux pour celui qui fait un peu de circuit.

Porsche 997 Turbo

Porsche 997 Turbo

Au final, je repense au film Bad Boys, dans lequel Will Smith roulait en Porsche 964 Turbo, et disait lors d’une poursuite d’anthologie contre une AC Cobra, qu’il n’y avait « rien de plus rapide que sa voiture ». Eh bien la Porsche 997 Turbo, c’est exactement ça : il n’y a rien de plus rapide ! Enfin globalement, mais en 2006, pour trouver une auto capable d’abattre le 0 à 100 en moins de 4 secondes vous n’aviez sur le marché du neuf pas 36 alternatives : seules la Lamborghini Murcielago LP-640 et la Ferrari 599 gtb Fiorano (bientôt rejointe par la 430 Scuderia) offraient un tel niveau de performances, mais sans la polyvalence ni le même rapport prix/performances, et de très loin, tant la Porsche était bon marché à côté ! Aujourd’hui, une Porsche 997 Turbo phase 1 s’échange contre un peu plus de 50.000 €, 60.000 € pour un très bel exemplaire avec moins de 60 000 km. Pour le mythe que représente une 911 Turbo, sa polyvalence et son niveau de performances toujours d’actualité, c’est cadeau ! Pour ceux qui se demandent ce que je préfère entre la Turbo et la Nissan GTR essayée ici, ma réponse est sans aucune hésitation la Porsche. La Nissan est une bonne voiture et une alternative crédible, mais le plaisir de conduite, et même de pilotage d’une Turbo en boite mécanique, plus légère de 150 kg que la GTR, est bien supérieur. Puis il y a le mythe… et son design… et ses frais d’entretien inférieurs… Damned ! Je savais qu’il était trop tôt pour vous en parler !

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A propos de l'auteur

Guillaume Lescaroux
Guillaume Lescaroux

Passionné d'automobile depuis sa plus tendre enfance, Guillaume a toujours rêvé de pouvoir la partager avec toute personne sensible à ce secteur. Pilote à ses heures perdues, il a pris le volant pour Sport Auto lors de la saison 2011 de la Caterham Academy France.

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