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Essai occasion : Lotus Elise serie 1 (mkI)

Essai occasion : Lotus Elise serie 1 (mkI)

1 commentaire 📅05 décembre 2014, 08:20

Je n’avais jamais eu l’occasion de prendre le volant d’une Lotus, malgré tous les engins que j’ai eu la chance de voir passer entre mes mains, et malgré le fait que j’ai bien failli en acheter une il y a quelques années. Je me consolais en me disant qu’une Caterham Super Seven, c’est avant tout une Lotus. Mais l’Elise m’a toujours intrigué et attiré au plus haut point, dès que je l’ai vue au Mondial de l’Auto à Paris en 1996. Je n’avais que 13 ans, elle était orange, décapotée, avec un intérieur en cuir gris. Je me suis glissé dedans et me suis dit qu’elle était parfaite pour moi, et que les 5 années me séparant du permis de conduire et de la possibilité d’en prendre le volant, peut-être, seraient bien longues… Puis les tarifs se sont envolés, la maturité m’a fait comprendre que je ne pouvais pas faire d’une Elise ma voiture principale, et j’ai pourtant bien failli signer une Elise R en 2010 (mkII),  mais une évolution professionnelle m’obligeant à faire plus de route, notamment en Ile De France m’a fait oublier cette idée… Au final, il aura fallu attendre 18 ans depuis cette rencontre coup de cœur, pour enfin prendre le volant d’une Lotus Elise, et quel baptême !

 Lotus Elise série 1

Nous avons pu essayer la Lotus Elise librement sur route et sur circuit. Celle-ci est en configuration britannique, comme il y en a tant sur nos routes françaises : Lotus vous fournit aisément les papiers pour l’homologation, qui se fait à moindre frais (simplement les optiques avant à changer), pour une auto achetée en Grande-Bretagne franchement moins chère qu’en France. Mais attention, le marché change, la série 1 étant un véritable youngtimer, celle-ci est de plus en plus prisée tant sa légèreté en fait une auto d’une grande pureté à conduire. Car c’est bien l’atout majeur de la Lotus Elise, surtout la mkI : elle ne pèse que 725 kg ! Mais ce poids plume, malgré cet habitacle dépouillé, était en réalité très moderne de conception, avec des procédés de fabrication inédits. En effet l’Elise est la première auto dont le châssis est en aluminium collé à l’époxy. Les suspensions sont en aluminium et les disques de freins sont en composite d’aluminium (jusqu’en 98 seulement). Côté mécanique, on retrouve un 1.8 d’origine Rover, développant 120 ch. Ce moteur n’est, sur cette première version, pas un foudre de guerre sur le papier, mais dans la pratique, le poids restreint de la petite Lotus permet des performances très honnêtes : 6.2 sec de 0-100 km/h (contre 5.6 pour une Porsche 993 contemporaine et ses 272 ch) et 27.5 sec au 1 000 m départ arrêté. La vitesse de pointe en revanche, plafonne à 200 km/h, mais la Lotus n’est pas conçue pour les lignes droites…

 Lotus Elise série 1

Lotus Elise serie 1 : sur la route

Je vais vous épargner l’épisode citadin : c’est une sportive… avec tous les défauts accentués ! Mauvaise rétro-vision, accès à bord compliqué, pas de direction assistée, pas de climatisation, pas de boite à gants, fragilité de la carrosserie très exposée,… Non une Lotus Elise ce n’est pas fait pour parader.

Lotus Elise série 1

C’est une voiture pour les amateurs de conduite et ceux qui aiment le pilotage. Sur le réseau secondaire, on trouve son terrain de jeu parfait ! Attention au fait qu’il n’y ait aucune assistance électronique, mais équipée de pneumatiques à profil routier, les réactions sont très progressives. Elise vous parle de manière franche et vous voyez clair dans son jeu ! Pour peu que vous habitiez en dehors d’une grande ville et que vous ayez des routes nationales et départementales à emprunter chaque jour, vous ne pourrez plus vous en passer ! Vient la partie autoroutière… dont on m’avait dit le plus grand mal… c’est loin d’être catastrophique ! Que ce soit en tant que conducteur ou en tant que passager, on peut même la trouver confortable ! Les baquets peu rembourrés font peur, mais une fois calés c’est grand confort ! Les traverses du châssis que vous maudissez au moment d’entrer dans l’auto et d’en ressortir s’avèrent être  confortables en tant qu’accoudoir, les sifflements aérodynamiques n’ont rien de rédhibitoires, la capote se gonfle certes, mais il n’y a pas de remous dans l’habitacle, même au-delà des limitations de vitesse en vigueur. J’avais toujours entendu dire que l’Elise était une voiture manquant de stabilité sur autoroute. Je n’ai pas du tout vécu cette expérience ! En revanche elle est instable lors des forts freinages appuyés lorsqu’il pleut. Son plus gros défaut est en réalité le niveau sonore de son échappement, mais notre modèle d’essai est équipé d’un échappement particulièrement volubile, qui contraint ses occupants à porter des bouchons d’oreilles sur autoroute… De toute façon, si vous pensez écouter la radio ou même vous parler, vous vous mettez le doigt dans l’œil. En ville et à la rigueur sur route vous pouvez, pas sur l’autoroute, même à 130 km/h. Mais l’échappement d’origine est certainement moins « incommodant ».

Lotus Elise serie 1 : le circuit

Et Dieu créa Elise. Ça fait des années que j’ai bien remarqué que les Lotus Elise tournent vraiment fort sur circuit, malgré leur faible motorisation. Mais je n’imaginais pas à quel point les limites d’adhérence sont loin ! Il s’agit d’une véritable centrifugeuse. Nous avons limé la piste du circuit Bugatti, au Mans. Le matin la piste était vraiment humide et grasse. La Lotus n’était pas à l’aise avec ces conditions d’adhérence, notamment au freinage où son instabilité est perturbante, obligeant à freiner vraiment très tôt pour une auto si légère. De toute façon, il fallait bien prendre le temps de s’habituer à passer les rapports avec la main gauche, ce qui n’est pas si simple pour deux raisons : la première c’est que je n’ai certainement pas la même dextérité qu’avec ma main droite. La deuxième parce que la boite 5 rapports de la Lotus n’est pas franchement un modèle du genre : celle-ci est très mal guidée, et les verrouillages demandent de bien décomposer le mouvement, ce qui est dommage tant le reste de l’auto incite à tout faire très vite, avec un minimum d’inertie.

Lotus Elise série 1

Lotus Elise série 1

Heureusement, après la pause déjeuner, la piste était sèche. Et là j’ai découvert une autre auto. La motricité est sans faille, sa stabilité sur les freinages violents est quasiment parfaite, le grip de son train avant infini tant qu’on rentre fort sur les freins, le grip latéral en virage absolument phénoménal ! En fait il faut lui faire confiance : ça passe toujours ! Il faut juste entrer fort sur les freins, le reste suit. D’ailleurs, nous n’avons pas pu exploiter le châssis à 100%, handicapés par le manque de maintien des baquets et surtout l’absence de vrais harnais. Son grip est tel que vous devrez installer un arceau et des harnais pour jouer avec son plein potentiel. Le ressenti offert est simplement parfait, il n’y a aucun filtre, vous savez exactement comment doser vos freins (indestructibles), où sont vos limites d’adhérence, comment travaillent vos suspension et vos pneumatiques. Bref, le bonheur intégral !

Lotus Elise série 1

Lotus Elise série 1

Un bel exemplaire de Lotus Elise série 1 se négocie aujourd’hui sous la barre des 20 000 €. Certaines affichant des kilométrages importants se trouvent même à moins de 15 000 € en conduite à droite. Evidemment envisager l’achat d’une Elise en voiture principale doit être très mûrement réfléchi. En revanche, en voiture plaisir, foncez !

Je profite de ce papier pour remercier son propriétaire de sa confiance !

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A propos de l'auteur

Guillaume Lescaroux
Guillaume Lescaroux

Passionné d'automobile depuis sa plus tendre enfance, Guillaume a toujours rêvé de pouvoir la partager avec toute personne sensible à ce secteur. Pilote à ses heures perdues, il a pris le volant pour Sport Auto lors de la saison 2011 de la Caterham Academy France.

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