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Essai : Noble M12 GTO 3, unique en son genre

Essai : Noble M12 GTO 3, unique en son genre

0 commentaire 📅18 août 2016, 08:08

Chez Auto-lifestyle.com, on aime bien vous faire découvrir des autos qui sortent du paysage automobile français habituel, et après vous avoir fait découvrir la Ginetta G40R ou encore la KTM X-Bow GT, on frappe encore plus fort avec une voiture construite à environ 250 exemplaires, dont deux roulent en France et dont l’exemplaire que nous avons essayé est l’unique Noble immatriculée en France ! Thomas, son propriétaire, a gagné son pari d’homologuer cette sportive artisanale anglaise, construite en 2003. Nous avons eu la chance d’en prendre le volant et de connaître toute l’histoire de son homologation. Passionnant !

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Noble M12 GTO 3 : design et vie a bord

Design exterieur : taillee comme une supercar

On aime, ou on déteste ! La Noble M12 GTO ne laissera personne indifférent ! Cependant, sa fonction première est d’être une efficace sportive, sans compromis. D’ailleurs, ne vous y trompez pas, sous les feux avant de Lotus Elise S1 (et par conséquent de Renault 4L !), se cache un capot, qui n’abrite ni le moteur, ni le coffre, seulement un radiateur et la climatisation. A l’arrière, sous l’aileron qui sert d’étagère dans votre parking ou de bar auquel s’accouder en cas de pique-nique, et derrière les feux de Ford Mondeo, se cache le V6 3.0 bi-turbo, et pas l’ombre du moindre bac de chargement ! Il faudra compter sur l’espace disponible derrière les baquets, dans l’habitacle : pas la peine d’hésiter entre un sac de sport et une malle Louis Vuitton, c’est votre banquier qui sera ravi !

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Sous certains angles, la ligne de la M12 rappelle vaguement une Elise S1 hypertrophiée, voire une Lotus Esprit pour la partie du pavillon (vitres latérales). La Noble ne ressemble à rien de connu, elle ne singe personne, et c’est appréciable : elle ne se fait pas passée pour ce qu’elle n’est pas. D’ailleurs, nombre de badauds demandent quelle est la marque, et pas  » quel modèle de Ferrari  » ou  »  de quelle Lamborghini s’agit il ? « 

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La carrosserie en résine est de bonne facture et bien finie. Au bout de 13 ans elle n’est ni déformée, ni brisée, et la peinture n’a pas craqué, ce qui serait signe d’une mauvaise rigidité.

Habitacle : light… mais confortable !

A l’intérieur… Bon, objectivement, ce n’est pas beau, c’est mal fini, la qualité des plastiques a été pensée pour alléger l’auto, diront nous… Mais, vous avez tout de même droit à de l’alcantara recouvrant le pavillon et l’arceau (c’est un châssis tubulaire), ainsi qu’à un bouton de démarrage du moteur ou encore un manomètre de pression des turbos, très excité… La visibilité vers l’avant est bonne, vers l’arrière vous admirez l’aileron en carbone. Assis au raz du sol mais un peu moins que dans une Lotus Elise, l’accès est également plus simple : large ouverture de portière et ponton pas trop large.

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Le confort est loin d’être aussi ferme que l’auto semble le suggérer. En effet, les Anglais ont ce don pour régler des châssis souples : confortables et efficaces, c’est le cas des Caterham, Lotus et McLaren. La Noble suit la même tendance. Les sièges baquets sont confortables, tendus de cuir, tout comme les contreportes creusées dans lesquelles sont aménagés accoudoirs et rangements.

Le volant est réglable en profondeur, comme les baquets. En revanche, le large passage de roue oblige à conduire avec les pieds décalés. Petite saveur d’autrefois dont on s’habitue rapidement ! Le pommeau de levier de vitesses en aluminium tombe idéalement sous la main et nécessite de bien décomposer le mouvement. En cas de conduite sportive, celle-ci chauffe. Ça paraît idiot mais on adore ! Une vraie voiture de course !

On note la présence indispensable de la climatisation, tant les turbos, dont l’un est entre le moteur et l’habitacle, peuvent faire monter la température en cas de sollicitation !

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Quant au son du V6 Ford, il est grave, métallique et vraiment présent comme on peut le demander à une auto de ce style. Il sait cependant se faire discret à vitesse stabilisée sur autoroute. Les turbos Garrett ne le musèlent pas, et l’accompagnent par un concert alliant le sifflement caractéristique des turbines et les soupapes de déchargement qui relâchent la pression. Si on ajoute les crépitement de l’échappement, une phase d’accélération-décélération donne à peu près ça : VROOOOAAAAWW + PSHHHHHHHHH, voooooowwwww+PSHH, PHIOU, blap, blap, PAF ! Jouissif !

Essai sur route : un missile sol-sol

Si s’installer, réveiller le V6 et faire une première accélération au volant de cette rarissime Noble M12 GTO 3 sont déjà une aventure, sa conduite en est une avec un A. Capable d’être très douce, avec un V6 élastique et onctueux, la Noble est aussi une fusée sponsorisée par la NASA ! Son bloc Ford issu d’une Mondeo ST, affublé d’une paire de turbos Garrett développe d’origine 350 ch, mais la fiabilisation de ces derniers lui ont au passage valu de gagner encore 50 ch, sans rien demander ! 400 ch, c’est aujourd’hui assez commun pour une sportive, me direz vous, et même un peu faiblard. Certes. Mais là où les grands constructeurs vous désarçonnent avec 600 ch, ils doivent aussi composer avec un poids qui pulvérise les 1400 kg à sec, quand ce n’est pas plus. Notre patiente du jour a avoué, sur la balance de l’UTAC, tous pleins faits, 1 100 kg. Autant vous dire immédiatement que vous sentez parfaitement bien les deux turbos souffler entre 2 500 et 6 000 tr/min !

La boite 5 vitesses est simple à manier mais nécessite de bien décomposer le mouvement. Une petite opération programmée permettra à notre modèle d’essai d’avoir un meilleur guidage et d’améliorer justement ce léger manque de rapidité dans le mouvement. Les verrouillages ne souffrent pas la critique et l’embrayage est dur  » juste ce qu’il faut « . La GT3 R, version encore plus poussée de la M12, proposait une boite 6 vitesses et un différentiel autobloquant de série.

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Le châssis est moins piégeur que son origine artisanale pourrait le laisser supposer. La motricité est convaincante malgré l’absence d’antipatinage, y compris sur revêtement humide, et son poids plume pour la catégorie permet à la Noble de passer fort en courbe, avec une capacité à encaisser jusqu’à 1,2 G en latéral ! C’est une valeur exceptionnelle : les meilleures centrifugeuses homologuées autorisent en général 1G, rarement plus.

La direction, assistée, est à mon goût un peu légère, je la souhaiterais plus lourde, car celle -ci est très directe. Le calibrage de l’assistance déconcerte quelque peu dans un premier temps. Le rayon de braquage est très long, logique pour ce type de véhicule, cette assistance est par conséquent salvatrice lors de certaines manœuvres…

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Les freins sont des disques avec étriers à quatre pistons aux quatre roues, provenant du catalogue compétition d’AP Racing. Ça freine fort, très fort, très longtemps. On apprécie la progressivité, attention à l’absence d’ABS, cependant, car l’amplificateur de freinage peut vous amener à bloquer les roues, mais le contact à la pédale met en confiance et permet de bien cerner le dosage adéquat.

Retour sur son proprietaire et l’ homologation

Thomas S. est un passionné qui s’est attaqué au projet Ô combien ambitieux d’homologuer en France une Noble M12. Après six mois de formalités administratives et deux ans de modifications techniques afin de satisfaire aux exigences de l’UTAC, tout était réuni pour faire de sa Noble la seule immatriculée en France, avec la carte grise qui va avec. Seul le poste de pilotage reste à droite, pour la simple et bonne raison que contrairement à certaines Lotus, il faudrait dessouder le châssis tubulaire, puis ressouder le tout à gauche… L’homologation ne serait plus possible. Mais, des châssis en conduite à gauche existent, aux Etats-Unis. Lorsqu’on lui demande pourquoi il a porté son choix sur une Noble, il répond  » pour le challenge d’homologuer une auto qui a première vue ne pouvait pas l’être. C’est proche d’une Lotus Elise mais avec une super mécanique ! Et puis, on n’en voit pas tous les quatre matins ! « . Le plus gros challenge technique a été de satisfaire aux normes de décibels. Autre facteurs qui ont motivé son choix, toute la partie mécanique est simple à entretenir :  » si vous n’aimez pas toucher à la mécanique, tout provient de chez Ford « . C’est simple pour l’entretien et la fourniture des pièces. Toutes celles spécifiques, fabriquées par Noble, sont disponibles en Angleterre, chez le constructeur, ainsi que chez des spécialistes indépendants, faciles à trouver sur la toile. Cet exemplaire est aujourd’hui à vendre. Vous devriez la trouver facilement, il n’y en a qu’une et elle est jaune !

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Bilan : fiable, performante, exclusive !

Cette M12 a dépassé la barre des 100 000 km, et Thomas en a déjà parcouru 24 000. Cela prouve que cette sportive artisanale est fiable et solide, d’autant que l’ensemble de la mécanique et de la partie électrique ont été fiabilisées. Performante, elle l’est indubitablement : 3.3 sec pour le 0 à 100 km/h, c’est dans les standards des meilleures supercars actuelles (Ferrari 488 gtb en 3 s, Lamborghini Huracan LP 580-2 en 3.4 s, Porsche 991 GT3 RS en 3.5 s, …). La Vmax est donnée pour 280 km/h.

On a aimé sa mécanique incroyablement vivante et communicante, ses performances hors-normes, et son exclusivité. Il y en a eu environ 250 de construites, seulement deux roulent en France et seulement une est homologuée ! On a moins aimé la présentation de l’habitacle…

Cette Noble M12 GTO 3 est à conseiller pour les amateurs de pilotage qui cherchent une auto très performante, mais avec un pilotage traditionnel, très pur, souhaitant l’exclusivité tout en restant dans un budget abordable compte tenu des frais d’achat, de mise en conformité et des performances.

Nous remercions Thomas S. pour sa disponibilité et sa confiance ainsi que HJ Photography pour ses sublimes images.

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A propos de l'auteur

Guillaume Lescaroux
Guillaume Lescaroux

Passionné d'automobile depuis sa plus tendre enfance, Guillaume a toujours rêvé de pouvoir la partager avec toute personne sensible à ce secteur. Pilote à ses heures perdues, il a pris le volant pour Sport Auto lors de la saison 2011 de la Caterham Academy France.

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