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Essai legende : Ferrari 575 Maranello

Essai legende : Ferrari 575 Maranello

0 commentaire 📅26 septembre 2013, 08:09

La Ferrari 575 Maranello fait sans aucun doute partie des Ferrari les plus désirables. Désirable parce qu’elle est la version améliorée de celle qui a marqué le retour des GT V12 à moteur avant, la 550 Maranello, l’architecture historique des Ferrari, celle dont Enzo était l’ayatollah (les chevaux tirent la charrue, ils ne la poussent pas). Désirable parce qu’elle est belle à se damner, l’une des modernes possédant une ligne très pure et intemporelle (une 599 ou même une F12 ne vieilliront certainement pas aussi bien…), dans la lignée des 250 « châssis court », 275 GTB et 365 « Daytona ». Parce qu’elle est la première V12 à avoir adopté la boîte F1… mais était encore disponible avec la boîte mécanique, dans l’aluminium taillé dans la masse tinte à chaque sollicitation, nécessitant de savoir double pédaler-embrayer-pointer afin d’en prendre soin et d’en tirer la quintessence, ainsi qu’un mollet gauche solide… Ceci-dit, il n’y aurait eu que 192 exemplaires livrés en boîte manuelle sur 2 548 voitures livrées entre 2002 et 2006…

Ferrari 575 Maranello

C’est une boîte mécanique que j’ai eu l’immense honneur de conduire sur de longs trajets (ville/route/autoroute) ainsi que de piloter sur l’autodrome de Linas Montlhéry. C’est sans aucun doute celle qui m’a donné le plus d’émotions. Car rien que d’être assis derrière cet immense capot, d’une largeur intimidante, face au volant doté du fameux insigne Ferrari, mon cœur s’accélérait. Alors lorsque j’ai démarré le V12 pour la première fois… L’apothéose ! A ce moment précis, j’ai compris la magie Ferrari, celle qui place le constructeur de Modène au-dessus de tous les autres. Une berlinette V8 comme la 458 Italia ne provoque pas la même émotion, malgré le fait que ce soit la crème des berlinettes. Non, un V8 ne sera jamais aussi noble qu’un V12, et à ce titre, en terme de coefficient émotionnel, il n’y a pas photo ! D’autant que si vous souhaitez acheter une 355, je vous conseille vivement, malgré le fait qu’il s’agisse d’une des plus belles sportives V8, de vous renseigner sur les frais d’entretien : une 550 ou une 575 sont nettement moins coûteuses malgré leurs 12 cylindres !

Ferrari 575 Maranello

La Ferrari 575 Maranello : sur route

Sur la route cette GT est exceptionnelle. Bien que les sièges soient fermes, vous enquillez les kilomètres avec un plaisir immense. La perspective de ce capot, le tintement de la grille en alu à chaque changement de vitesses, le couple et le souffle inépuisable du 5,75 litres, qui gronde puis hurle, avec une poussée exponentielle. C’est tout simplement parfait. Elle est lourde certes, mais cela ne se ressent pas sur route ou autoroute. C’est une voyageuse hors pair ! d’autant que le coffre est grand et la plage arrière bien pratique pour envisager de partir à deux en vacances, loin, très loin. La direction est lourde, ultra incisive, c’est même surprenant pour une GT de ce gabarit : elle est aussi précise qu’une sportive plus légère. Son défaut vient d’un pédalier, outre la dureté de son embrayage, décalé sur la droite, avec l’accélérateur et le frein très proches. Du coup, il faut prendre l’habitude de ne pas freiner et accélérer en même temps… en revanche pour le talon pointe, c’est parfait. Et vous en aurez besoin si vous attaquez. Cette 2+0 a encore les saveurs d’une conduite à l’ancienne : elle a beau être de 2003 (pour le modèle essayé), elle se conduit comme une ancienne. Il faut en prendre soin, être attentif à ce qu’elle vous dit, ne pas forcer, être souple dans ses mouvements malgré la force qu’elle peut demander, surtout à froid. Le regard des « badauds » est très positif. Il faut dire que notre modèle d’essai est bleu Tour de France et intérieur cuir beige, une teinte qui la sublime, très élégante. A une autre époque, elle égale l’élégance d’une 250 Lusso. Evidemment, passer les 515 chevaux transmis aux pneus arrière nécessite une certaine retenue, surtout sur sol froid ou humide. Mais en conservant une conduite coulée, elle ne vous trahira pas, elle n’est pas vicieuse pour un sou. Sur l’autoroute, la tenue de cap est royale et vous vous laissez bercer par le ronron des douze gamelles de compétition, qui tournent au ralentis devant vous, même à des vitesses prohibées… d’ailleurs, disons le tout de suite : sa vitesse idéale de croisière s’établit à 200 km/h. C’est parfait, c’est également la mienne ! C’est imparfait, aujourd’hui en France vous n’avez plus de permis… En ville cette auto est fatigante à cause de son embrayage béton et son gabarit pour le moins imposant. Le capot d’abord : la réplique de José Garcia dans le premier opus de La Vérité si je mens en parlant de la BMW Z3 « la vérité, le capot est trop long, tu peux pas te garer dans Paris ! » convient parfaitement à ce que vous ressentez au moment de faire un créneau, d’autant que le rayon de braquage n’est pas là pour vous aider tant son rayon est grand ! Et bien sûr, vous avez tellement peur de vous la faire abimer…

Ferrari 575 Maranello

La Ferrari 575 Maranello : sur piste

Sur la piste, en l’occurrence Montlhéry, j’ai été agréablement surpris. Elle manque certes d’agilité, et surtout nécessite de freiner tôt. De même, il faut penser à rentrer aux stands de manière assez régulière afin de laisser les disques de freins refroidir (en tout cas sur cette version dotée des freins acier). Elle n’est par conséquent pas faite pour être bousculée comme une Modena Stradale ou une 430. Mais… elle est très performante ! Son moteur, sa motricité, sa direction précise et informative, ainsi qu’un roulis correctement contenu (mode Sport enclenché), sur une piste large et rapide m’ont permis d’être plus rapide que de nombreuses 360 Modena et Modena Stradale. Pas mal ! Je ne m’attendais pas à ça ! En revanche, pour un coupé GT de cette époque, on aurait apprécié un châssis plus rigide. Mais cette auto reste prévenante, facile à remettre en ligne lorsque vous provoquez l’arrière.

 Ferrari 575 Maranello

Pour conclure, la 575 Maranello est l’essence même de la GT, ce qui se fait de mieux dans la catégorie : incroyablement belle, rapide, puissante, stable, sonore, communicative, intemporelle et… magique ! Elle est la digne descendante des légendes de Ferrari, elle est la Ferrari dans tout ce qu’on peut en attendre. De surcroît cette auto est très bien née, elle est considérée comme l’une des plus fiables, on commence d’ailleurs à en voir sur le marché de l’occasion avec plus de 100 000 km ! Vraiment, si vous hésitez encore… je rends mon tablier !

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A propos de l'auteur

Guillaume Lescaroux
Guillaume Lescaroux

Passionné d'automobile depuis sa plus tendre enfance, Guillaume a toujours rêvé de pouvoir la partager avec toute personne sensible à ce secteur. Pilote à ses heures perdues, il a pris le volant pour Sport Auto lors de la saison 2011 de la Caterham Academy France.

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