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Essai occasion : AUDI TT V6 3.2 quattro, 2eme generation – 2006

Essai occasion : AUDI TT V6 3.2 quattro, 2eme generation – 2006

📅03 mars 2014, 18:10

A l’occasion de la sortie de la 3ème génération de l’Audi TT, qui sera présentée dans quelques heures au salon de Genève, revenons sur cette 2ème génération du TT.

A sa sortie elle a fait moins de bruit que sa devancière, la TT originelle de 1998. En effet, la première mouture est un jalon qui a marqué l’histoire du design automobile, avec ses rondeurs, ses arches de roues marquées, ou encore un habitacle conçu comme dans un casque intégral. Ça ne paraît pas évident comme ça, mais lorsqu’on vous le dit à bord, vous regardez autour de vous et : « ah oui !! ». Le nom TT est un hommage au Tourist Trophy, la course moto démentielle qui a lieu chaque année sur les routes de l’île de Man. La 2ème génération n’a pas créé la même surprise en 2006. Pourtant, elle est une bien meilleure auto. Vraiment meilleure : l’auto dispose d’un châssis inédit (la TT 1 cachait un châssis de Golf 4/A3 1ère du nom) d’une carrosserie à 69% en aluminium (les 31% restants en acier, sur la partie arrière afin d’équilibrer au mieux le poids) tandis que la première n’avait que capot et suspensions en alu, et niveau motorisation on bascule (presque) dans l’univers des GT, surtout avec les motorisations les plus musclées : V6 3.2 250 ch, TTS 4 cylindres 2.0 TFSI 272 ch et TT RS 5 cylindres 2.5 TFSI 340 ch. De même, malgré son âge, ses dimensions ne la datent pas, contrairement à la première génération qui aujourd’hui fait vraiment « gentille » : la TT 2 mesurait 17 cm de plus en longueur et 4 de plus en largeur ! D’où le fait qu’on se sente installé dans une GT. C’est d’autant plus vrai avec la version V6 dont je souhaite vous parler aujourd’hui.

AUDI TT V6 3.2 quattro, 2eme generation - 2006 AUDI TT V6 3.2 quattro, 2eme generation - 2006

Pourquoi la V6 ? parce qu’à la sortie de cette seconde génération elle était la version haut de gamme, et parce qu’avec un 6 cylindres, cette auto donnait vraiment l’impression de basculer dans l’univers des GT plutôt que celui des petits coupés sportifs. Elle est le compromis idéal entre les versions 4 cylindres et le sommital 5 cylindres en ligne turbo des TT RS et TT RS Plus. Ce V6 était jugé moins intéressant que le fameux « 6 en ligne » 3.0 de BMW ou encore que le regretté V6 3.2 Alfa Romeo. Je trouve que c’est un peu dur de juger ce bon V6 de cette manière : certes il n’a pas l’allonge du BMW ni la rage du Alfa (qui était très mal entouré, il faut quand même le dire), mais son couple délivré très bas dans les tours et sa capacité à monter très rapidement dans les tours en fait un bouilleur intéressant, surtout accouplé au système quattro. Je trouve qu’en usage quotidien, ce moteur est même plus agréable que le flat 6 2.7 245 ch équipant les Boxster et Cayman contemporaines (type 987). Il est moins hargneux passé 6 000 tr/min mais jusqu’à 5 500 il cogne dur. La sonorité est clairement celle d’une cylindrée déjà atypique (en France…), jamais entêtante, mais présente, velouté, mais avec une certaine poigne. En revanche, côté consommation, le 6 en ligne 3.2 équipant les M3 E36, faisait aussi bien… dix ans plus tôt, et avec 71 chevaux supplémentaires ! Il s’agit d’un bloc ultra fiable, dispensant déjà de performances très honorables, Sport Auto a mesuré ses performances : 6s2 de 0 à 100 km/h, 26s6 pour le 1 000 mètre départ arrêté et vitesse autolimitée à 250 km/h. En comparaison, Sport Auto a mesuré une BMW 130i et ses 265 ch en 6s7 et 26s5.

AUDI TT V6 3.2 quattro, 2eme generation - 2006

Le comportement routier est quant à lui… très Audi ! A savoir que vous ne risquez pas de vous faire peur. L’avantage, c’est que même sous une pluie très forte, vous pouvez rouler serein. Et même pour monter un col de montagne enneigé, sans pneus hiver ni chaînes, ça se passe très bien et ça peut devenir fun si vous débranchez l’anti patinage et l’ESP! Sur route, et autoroute la TT est impériale, c’est un rail qui vous guidera confortablement sur de longues distances, sans que vous ne soyez trop ennuyé pour le reste de la circulation. En ville, elle est évidemment un peu plus difficile à manœuvrer que ses concurrentes, à cause d’une visibilité limitée, ainsi que cette désagréable sensation de ne jamais vraiment savoir où sont les roues affleurantes et si exposées…

Il existe tout de même un domaine pour lequel cette auto n’a pas été conçue : le circuit. Son freinage ne déçoit pas, bien qu’il finisse par s’allonger avec les tours, mais le poids du moteur en porte à faux avant n’aide pas l’équilibre : beaucoup trop de poids sur l’avant = sous virage marqué ! La TT RS souffre du même mal car la répartition du poids est la même entre la V6 et la 5 cylindres. Du coup les plus agiles sont les versions 4 cylindres, dont le train avant est un peu moins chargé. La 2.0 TFSI en deux roues motrices est vite dépassée par une motricité limitée, mais la TTS est le meilleur compromis de la gamme en termes de dynamisme. Enfin de toute façon, vous comprendrez vite que la TT n’est pas faite pour la brutalité du circuit, elle est faite pour une conduite coulée, comme le quattro vous le rappellera dès la moindre amorce de travers : tout le couple est automatiquement renvoyé vers l’avant, coupant court à toute fantaisie.

La direction, très précise, manque d’un peu de ressenti mais rien de dramatique. Les Porsche Boxster/Cayman et certainement la Lotus Evora offrent un toucher plus naturel et détaillé. La boîte manuelle six vitesses est à mon sens un régal, avec un pédalier permettant de faire des pointes-pointes. Dès lors, je ne considère pas la boîte double embrayage S-tronic, que je trouve ennuyeuse, surtout sur la V6 : le charme de ses vocalises est décuplé par rapport à une boîte robotisée changeant les rapports à moins de 2 000 tr/min. ce que vous pouvez aussi faire en ville afin d’économiser de l’essence, car le 3.2 vous permet d’évoluer à bas régime, sur un filet de gaz, sans sourciller.

L’intérieur du TT était tout simplement le meilleur de sa catégorie : le mieux présenté, mais aussi et surtout bien mieux fini que ses concurrents. Même Porsche est battu sur ce terrain. Je ne saurais trop vous conseiller un intérieur clair afin d’égayer l’ensemble, d’autant que la ligne de caisse très haute et le pavillon très bas ne permettent pas à la clarté extérieur de s’insinuer correctement dans l’habitacle. Par ailleurs, une version avec l’option tout cuir Nappa est mieux finie qu’une R8 mal optionnée… true story ! Aujourd’hui il n’a pas à rougir, bien que la très onéreuse interface multimédia ait bien évidemment prit un coup de vieux.

AUDI TT V6 3.2 quattro, 2eme generation - 2006 AUDI TT V6 3.2 quattro, 2eme generation - 2006

Autre bonne surprise : le vaste coffre simple à charger, d’autant plus que la banquette arrière est rabattable très aisément. En revanche les places arrière ne conviennent que pour de jeunes enfants ou pour dépanner sur une courte distance.

Au final, je trouve qu’il s’agit d’un excellent compromis : la TT, surtout dans sa savoureuse version V6, est une auto très polyvalente pour peu qu’on ne lui demande pas d’aligner les chronos sur circuit, plutôt pratique en usage quotidien, performante, ultra efficace, belle, bien finie, sécurisante en toute circonstance et valorisante. Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup d’affection pour cette auto qui surpassait dans tous les domaines son aïeule, qui a pourtant marqué son époque. J’attends de pieds ferme la nouvelle génération, en espérant qu’elle gomme les rares défauts de la TT mk2 : une meilleure répartition du poids et un dynamisme permettant de s’amuser sur circuit.

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A propos de l'auteur

Guillaume Lescaroux
Guillaume Lescaroux

Passionné d'automobile depuis sa plus tendre enfance, Guillaume a toujours rêvé de pouvoir la partager avec toute personne sensible à ce secteur. Pilote à ses heures perdues, il a pris le volant pour Sport Auto lors de la saison 2011 de la Caterham Academy France.