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Essai : KTM X-Bow GT

Essai : KTM X-Bow GT

1 commentaire 📅04 avril 2015, 09:24

Lors de la 3ème édition des Exclusive Drive, weekend prestigieux de sport automobile sur le circuit Bugatti, nous avons eu la chance toute aussi exclusive de prendre en main une KTM X-Bow GT sur la célèbre piste qui emprunte une partie du circuit des 24H. Car ces journées  « pilotage exclisif » ne sont pas seulement prétexte à emmener son auto se dégourdir les pistons et faire chanter leurs pneus, mais également d’essayer, en conditions réels, les voitures amenées par les partenaires. Parmi eux: KTM France et le Garage Paris Londres, qui nous ont très agréablement reçu, et fait confiance.

KTM X-Bow GT : design et vie a bord

Design exterieur

Un coléoptère, une navette spaciale, un crabe, une arbalète (traduction de son petit nom)… Les comparaisons ne manquent pas pour qualifier cette KTM X-Bow. Je la trouve impressionnante : en photo on ne se rend pas compte des réelles dimensions de cet engin. la X-Bow est très large, longue, basse, intimidante. Ce qui fait d’elle une GT, c’est son pare-brise. Disgracieux mais utile, il est bien mieux intégré dans la réalité que ce que laisse voir les photos. la X-Bow originelle n’en possède pas, ce qui correspond très bien à la philosophie de cette auto conçue pour les trackdays, mais impose le casque intégral y compris sur route. Ah oui, j’ai oublié de préciser que la X-Bow GT, ainsi que la version sans pare-brise sont dûment homologuées pour parcourir nos routes dans la plus parfaite légalité. Je pense qu’il est possible de passer des heures à observer une X-Bow GT car elle recèle des détails, des petites éléments qui ont tous une fonction. A contempler les reflets du carbone mat dont est faite toute la structure apparente de la KTM, ou encore l’extracteur d’air arrière chargé de plaquer l’auto au sol, ou bien les combinés d’amortisseurs situés juste en devant les yeux des passagers installés dans le cockpit à ciel ouvert.

KTM X-Bow GT

Habitacle

Le cockpit, disions nous. Pas de siège éjectable, néanmoins cet habitacle n’a rien de similaire à ce que vous connaissez, à moins que vous ne pilotiez des voitures de compétitions modernes, ou des F1 des années 90… Les sièges sont directement moulés dans la structure carbone, mais vous êtes parfaitement installé. J’ai même trouvé cette baignoire mobile confortable ! La position de conduite s’ajuste grâce au pédalier et au volant réglables. le levier de la boîte mécanique 6 vitesses tombe parfaitement dans la main et s’avère parfait à manier (boîte d’origine Audi). Devant vous un volant « multifonctions » de série : clignotants, feux, chronomètre… Le premier qui dit radio ou téléphone va au piquet ! On parle d’une déesse du pilotage, pas d’un banal déplaçoire.

KTM X-Bow GT

KTM X-Bow GT : la conduite… ou pilotage !

« Ladies and Gentlemen, welcome on board, please fasten your seatbelt… » Sur la piste vous venez d’entrer dans un nouveau monde dont vous ne voulez plus partir. Vous venez de décoller vers les hautes cimes du plaisir auto ! Les 300 ch du 2.0 TFSI d’origine Audi montés derrière le commandant de bord propulsent violemment le berceau de carbone dont la rigidité de l’ensemble ne peut être prise en défaut. Le son du moteur est bien présent dans l’habitacle malgré le ciel ouvert et le casque intégral. Les assistances à la conduite inexistantes vous permettent d’être parfaitement connecté à la X-Bow ainsi qu’au macadam qui défile très vite sous votre séant. Y compris dans les courbes. Car c’est évidemment là que les sensations afflues le plus par rapport à une GT plus traditionnelle et polyvalente : un KTM X-Bow GT ne pèse que 60 kg de plus que la X-Bow classique, soit 860 kg seulement ! Couplé à un centre de gravité très bas, aux harnais qui vous collent au baquet, à des trains roulants dignes d’une monoplace, ou encore une aéro très travaillée, les limites de grip en courbes sont repoussées très, très loin. L’inertie lors des changements de cap ? Connait pas. En terme de comportement et de dynamisme, dans tout ce que j’ai pu essayé, il n’y a que la Formule Renault qui me vient à l’esprit. Et encore, notre modèle d’essai était équipé de pneus au profil routier. Et nous n’avons pas eu le temps de prendre suffisamment la mesure de son plein potentiel pour la pousser à bout. Mais au bout de 3 tours je me suis rendu compte que je n’avais jamais bouclé le tour du Bugatti en si peu de temps : toutes les catapultes que j’ai essayées ici sont battues, aisément. C’est aussi grâce au freinage : précis, endurant, non assisté. Il faut s’habituer à « shooter » dans la pédale pour freiner efficacement, comme dans une monoplace, on y revient… Non seulement le poids très limité de la X-Bow GT lui permet de laisser exploser son bloc turbo de 300 ch, mais double effet KissCool : le point de freinage est retardé également. Très retardé même car la KTM accepte d’emmener énormément de vitesse en entrée. C’est prodigieux ! J’ai aimé le côté physique également : en dehors des G encaissés, la direction tire un peu dans les bras. Pas autant qu’une Ginetta G40, par exemple, mais bien plus que les sportives équipées d’une direction assistée. Pour info, cette KTM est capable de couvrir le 1 000 mètres D.A. en 23.3 sec… la vitesse de pointe n’est que de 231 km/h, mais sur ce type d’engin, c’est nettement suffisant pour faire le plein de sensation !

KTM X-Bow GT

Conclusion

Je pourrais continuer à vous venter les mérites de la petite autrichienne durant des heures. Ce qu’il faut en retenir, c’est qu’il s’agit probablement de la meilleure auto conçue pour les trackdays, qui soit homologuée pour la route. En revanche elle ne fait pas partie des plus polyvalentes, bien que le pare-brise de la X-Bow GT lui confère une petite dose de confort bien appréciable par rapport à la version qui en est dénuée. C’est un outil incroyablement bien conçu, qui donne vraiment l’impression d’être très solide, fiable, sécurisant. Ça peut paraître niais, mais en général les sportives dédiées à une utilisation circuit n’offre pas cette qualité, ni cette impression aussi sécurisante. KTM faisait des motos extraordinaires, désormais on sait que cette firme sait également faire une auto dédiée au plaisir de pilotage.

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A propos de l'auteur

Guillaume Lescaroux
Guillaume Lescaroux

Passionné d'automobile depuis sa plus tendre enfance, Guillaume a toujours rêvé de pouvoir la partager avec toute personne sensible à ce secteur. Pilote à ses heures perdues, il a pris le volant pour Sport Auto lors de la saison 2011 de la Caterham Academy France.

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