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Essai circuit: Ginetta G40R

Essai circuit: Ginetta G40R

2 commentaires 📅30 juillet 2013, 17:47

Non, elle n’est pas Italienne. Elle n’est pas Espagnole non plus. Son nom brouille les pistes, et pourtant, si je vous dis que la Ginetta G40R est fabriquée de manière artisanale, qu’elle pèse seulement 820kg à vide, et qu’elle embarque un moteur Ford Duratec 2 litres de 200ch, le brouillard se désépaissit : elle est forcément britannique ! En arrivant sur le lieu de l’essai je me pose une question : serait-ce une copie de Lotus, un énième kit car s’inspirant du théorème « light is right » de Colin Chapman, mais n’égalant pas l’originale ?

La Ginetta G40R enfin homologuee et importee en France

Sachez que Ginetta existe depuis 1958 et possède sa propre identité, même si le concept  peut effectivement faire penser aux Lotus et autres Caterham (qui à la base sont… des Lotus), mais à conduire/piloter cette auto a une vraie personnalité qui lui est propre. La G40 est addictive et elle est désormais homologuée en France, importée par Bourcier Compétition, que je remercie au passage pour la journée d’essai organisée sur le circuit de Lurcy-Lévis.

ginetta g40r arriere

Le design.

Physiquement, la Ginetta ressemble à une vraie voiture : moteur à l’avant, un toit, un coffre… mais en plus petit : cette sportive fait 3,74 m de long pour 1,65 m de large et culmine à seulement 1 m du bitume ! Elle semble par conséquent offrir une polyvalence qu’une Caterham, par exemple, ne peut offrir. Et pourtant : la Ginetta est une voiture conçue pour la compétition, affublée du nécessaire à une homologation routière. Elle est belle et même mignonne, mais attention à sa bestialité une fois le moteur en route… pour la démarrer il faudra se « faxer » à l’intérieur d’un habitacle – que dis-je ! – d’un cockpit, où seul le strict nécessaire est embarqué (oui, la clim est nécessaire). C’est de bon goût, on se sent bien, les baquets sont même confortables. Mais la finition… est artisanale ! Puis vient le rituel en 3 actes : Power, Ignition, Start Engine !

ginetta g40r cockpit

Le pilotage.

Le 4 pattes Ford chante à merveille avec son échappement central, un vrai bonheur: ça hurle jusqu’à 7 000 tr/min. La direction : virile ! Autant la plastique de cette auto est mignonne, autant tout est dur à son volant : la direction, l’embrayage et la pédale de freins. C’est véritablement déroutant au début. Et puis on comprend le mode d’emploi et là cette auto se révèle diabolique : ça chante, ça freine, c’est d’une précision à faire pâlir une 458 Italia, mais surtout, ce qui m’a le plus marqué c’est son grip latéral ! J’aurais bien aimé mesurer les G encaissés en virage parce qu’à part une 964 Cup monté en pneus slicks je ne connais rien qui puisse passer aussi fort en courbe de cette manière. On a l’impression de piloter une voiture de course montée en slicks, et pourtant il s’agit d’une monte pneumatique classique. L’auto accepte même de resserrer la trajectoire, c’est juste déconcertant. Ce grip mêlé à une direction très dure qui de devient de plus en plus dure avec la vitesse vous fait travailler les bras de manière étonnante, c’est un pilotage très viril, pleins de saveurs que la grande majorité des autos sportives d’aujourd’hui ne peuvent vous offrir. La Ginetta G40R est addictive et gratifiante. Le retour d’information ne peut être plus précis. L’empattement court (2,25m) impose de faire attention à la remise des gaz en sortie de virage : le couple est suffisant pour faire décrocher le train arrière, mais l’auto n’est pas vicieuse et se rattrape sans aucun souci, à condition d’avoir de bons réflexes avec le volant, donc rien de scabreux. La boîte de vitesses quant à elle ne souffre d’aucune critique, il s’agit de la boîte 5 rapports des Mazda MX5 : solide, précise, débattements courts. Le freinage est comme on l’attend sur ce type d’auto : increvable et puissant. Il est assuré par des disques ventilés pincés par 4 pistons devant et 2 derrières. Plus que nécessaire vu le poids restreint. Le dosage dégressif se fait très naturellement, bref, l’interaction entre l’homme et la machine frise la perfection ! Vous l’aurez compris, Il n’y a aucune aide à la conduite : ni ESP, ni ABS, ni direction assistée, ni démultiplicateur de freinage. Je ne l’ai pas essayée sur route, mais vu le niveau sonore dans l’habitacle pas la peine de penser enchainer les kilomètres à son volant. D’ailleurs il n’y a pas de poste radio, ni la place pour en ajouter un. De toute façon, une fois sur un circuit vous lui pardonnerez tout.

Pour conclure et répondre à la question que je me posais en arrivant à Lurcy-Lévis : c’est un énorme coup de cœur (elle me hante !), je dois admettre qu’elle n’est probablement pas plus polyvalente que ses concurrentes (Lotus, Caterham, Ariel, Radical) malgré son toit et sa bouille de jeune fille bien sous tous rapports, mais elle est une auto à essayer et à considérer impérativement si vous souhaitez vous offrir une bombe pour les sorties circuit. D’ailleurs, si vous souhaitez faire des compétitions officielles FFSA, il existe la version Cup, que je n’ai pas essayée, mais vu les dispositions de la Ginetta « street version », la Cup doit être très compétitive.

Pour plus d’info : www.ginettafrance.com ; www.bourciercompetition.com

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A propos de l'auteur

Guillaume Lescaroux
Guillaume Lescaroux

Passionné d'automobile depuis sa plus tendre enfance, Guillaume a toujours rêvé de pouvoir la partager avec toute personne sensible à ce secteur. Pilote à ses heures perdues, il a pris le volant pour Sport Auto lors de la saison 2011 de la Caterham Academy France.

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