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Essai circuit: Alfa Romeo 4C

Essai circuit: Alfa Romeo 4C

3 commentaires 📅31 octobre 2013, 17:59

Alfa Romeo 4C

 

Nous avons eu l’extrême privilège d’être convié par Neubauer Paris pour essayer, en avant-première en France, l’Alfa Romeo 4C, sur l’autodrome de Linas-Montlhéry de surcroît. Cette belle surprise nous permettait de prendre en main le nouveau porte drapeau de la firme au Biscione sur le circuit routier, tracé très technique en sous-bois, piégeur en cette mi-octobre de par l’humidité grasse qui revêt l’asphalte, ainsi que les feuilles mortes…  Pour les invités triés sur le volet, il n’était donc pas question de pousser la splendide milanaise dans ses derniers retranchements, mais plutôt de l’appréhender sur un tracé routier avec une conduite dynamique. D’ailleurs, le sélecteur de modes de conduite DNA, qui propose des modes de conduite inédits (cf photo ci-dessous), est resté en position Natural.

Alfa Romeo 4C DNA

Sa plastique : à chacun de juger, mais force est de constater qu’elle plaît. Pour ma part je la trouve splendide. Surtout dans sa livrée Rosso Competizione. Pourtant je n’avais pas ressenti autant d’engouement à Genève en début d’année, où j’avais été quelque peu déçu. Mais au naturel, ses mensurations, ses courbes et ses traits agressifs sont parfaits ! Ses optiques façon « araignée » sont moins beaux que les projecteurs plus classiques du concept car, et c’était clairement ce qui avait gêné dans les allées de Genève. Mais en milieu naturel, on s’y habitue, d’autant que nos deux modèles d’essais voient leur blocs optiques avant recevoir un habillage carbone optionnel du plus bel effet (sinon, c’est plastique noir mat…). La star du jour possède de belles proportions, on en oublie que nous avons affaire à une puce dont la destinée sera de tailler des croupières aux Lotus, voire s’attaquer à encore plus fort : les chiffres de performances annoncés par Alfa en disent long sur l’ambition de la 4C. En effet, le 0 à 100 est annoncé en 4.5 secondes et 258 km/h en pointe. Bien qu’il ne s’agisse que d’un petit quatre cylindres 1 750 cc, son turbo lui permet d’atteindre 240 chevaux, qui n’ont que 895 kg (à sec) à mouvoir. Elle est belle l’affaire ! Sur le papier, Romeo ne devrait faire qu’une bouchée d’Elise !

Alfa Romeo 4C     Optique Alfa Romeo 4C

Avant d’en prendre le volant j’ai pu écouter le son à l’échappement : elle fait beaucoup de bruit, surtout avec l’échappement sport optionnel du pack Race (la blanche en était équipée). Le son n’est pas très mélodieux, mais il impressionne. En d’autres termes : elle ne peut cacher n’être propulsée que par un quatre cylindres, mais rassurez-vous : je fais la fine bouche et la sonorité sportive nécessaire à une telle auto est bien présente ! De plus vous aurez droit à des détonations très Ferrari à chaque changement de rapports dans le haut du compte tours… Sympa !

Alfa Romeo 4C

Monter à bord s’avère moins tortueux que prévu, et ça c’est la bonne surprise. Il y a des pontons importants à enjamber comme dans une Elise, en revanche la garde au toit permet un accès plus de l’ordre d’une Evora, ce qui n’est pas négligeable. Faisant 1.80m, je n’ai pas ressenti le moindre souci pour m’installer, impression partagée par un autre privilégié, faisant un bon 1.85m et autrement plus costaud que je ne le suis. La finition est évidemment raccord avec ce qu’on peut attendre d’une auto radical et allégée à l’extrême : ça présente bien, les commandes sont lisibles et fonctionnelles, mais pas « deutsche Qualität ». Comme il s’agit d’une auto traquant le moindre kilo superflu, on ne peut le lui reprocher. Les baquets sont superbes et confortables, de même que la largeur de l’habitacle suffisante pour que les deux occupants ne soient pas l’un sur l’autre. Lotus pourra prendre exemple le jour où l’Elise sera remplacée…

Intérieur Alfa Romeo 4C    Sièges Alfa Romeo 4C

Au volant mes impressions sont très positives : le châssis m’a paru excellent en conduite dynamique, l’auto est bien suspendue et l’équilibre est parfait. La piste routière très bosselée n’a posé aucun souci ni au modèle de base (la rouge) ni à celui équipé du pack race (la blanche), malgré des montes pneumatiques plus grandes, des barres anti roulis plus grosses ou un tarage de suspensions plus ferme. On sent dans les courbes que l’auto s’agrippe fermement à sa trajectoire. De même, il ne s’agit pas d’une auto compliquée : elle est prévenante et progressive, malgré un empattement plutôt restreint, eu égard aux vitesses atteintes en courbes. La direction, non assistée, est un scalpel et renvoie parfaitement les informations. On se sent tout de suite en confiance. La boîte TCT convient très bien à l’auto. Certains diront qu’elle est moins rapide que dans une Ferrari 458 Italia. Oui, c’est vrai, mais on ne peut reprocher à une auto de moins de 60 000 € d’avoir une boîte inférieure à une auto de plus de 200 000 € ! La PDK de Porsche est également supérieure, en revanche une E-gear de Lamborghini (sur une LP560-4) est nettement plus problématique. Mais la TCT n’est pas un point faible du tout, même si elle peut être encore améliorée dans son étagement et sa vitesse de passage. Donc rien à reprocher de ce côté-là, même si on aurait apprécié avoir le choix d’une boîte mécanique. En fait, ma seule invective contre cette auto sera son moteur manquant d’un brin de caractère. Même s’il offre de très belles performances dans la 4C, il manque de rage dans les tours. Les capacités de mises en vitesse sont pourtant excellentes, et l’auto accélère dès que vous sollicitez la pédale de droite, pourtant ce bloc est très linéaire et manque d’un grain de folie. Le freinage ne souffre aucune critique : ça freine fort et longtemps. D’ailleurs, les deux Alfa Romeo 4C d’essai ont été torturées toute la journée par les invités et les pilotes essayeurs engagés pour l’occasion, sans jamais montrer le moindre signe de fatigue.

Volant et compteurs Alfa Romeo 4C

Cette dernière remarque m’amène à faire part du ressenti que j’ai eu durant cette journée : malgré son statut de jouet, l’Alfa Romeo 4C dégage une vraie impression de qualité. Une Caterham, une Lotus Elise, ou autre véhicule ultra léger ont un côté jouet et c’est pour ça qu’on leur pardonne beaucoup. La 4C pourrait être la sportive légère d’un constructeur allemand (VW, Opel,…), tant j’ai trouvé cette auto qualitative et technologique pour un jouet censé ne faire aucune concession. Alfa a clairement réussi son pari et nous livre une vraie sportive aboutie et enthousiasmante, doublée d’un futur collector : seulement 1 000 Alfa Romeo 4C seront attribuées à l’Europe chaque année !

L’Alfa Romeo 4C en video

Galerie Photo

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A propos de l'auteur

Guillaume Lescaroux
Guillaume Lescaroux

Passionné d'automobile depuis sa plus tendre enfance, Guillaume a toujours rêvé de pouvoir la partager avec toute personne sensible à ce secteur. Pilote à ses heures perdues, il a pris le volant pour Sport Auto lors de la saison 2011 de la Caterham Academy France.

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