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Essai : Audi A3 Sportback e-tron S-tronic

Essai : Audi A3 Sportback e-tron S-tronic

5 commentaires 📅14 novembre 2014, 08:31

Audi nous a conviés, à quelques jours de la commercialisation de l’A3 Sportback e-tron, à découvrir et essayer dans toutes ses largeurs ce futur best-seller. Il ne fait effectivement aucun doute que cette version inédite de l’A3 sera un succès, déjà parce qu’il n’y a pas, actuellement sur le marché, d’offre premium hybride dans cette gamme. Seule Lexus propose la CT 200h, mais le réseau Lexus est confidentiel, comme les ventes de la CT, comparé au réseau Audi sur notre territoire. L’autre raison de ce succès promis est tout simplement le parti pris de proposer une voiture hybride, et non 100% électrique. La France n’est aujourd’hui pas équipée pour cette solution technique, avec de surcroît un territoire étendu. La solution hybride est clairement l’option la plus viable pour rouler « écolo », ou en tout cas plus vert, et surtout faire des économies de carburant. Au-delà de ces solutions techniques, l’Audi A3 Sportback e-tron a de nombreux arguments à faire valoir.

A3 Sportback e-tron

Audi A3 Sportback e-tron S-tronic

e-tron, c’est quoi ?

Cette nouvelle appellation  dans la gamme Audi désigne des véhicules hybrides, et non 100% électriques. Toute la gamme Audi proposera une déclinaison e-tron, mais pour le moment seule l’A3 Sportback est proposée, avant d’être rejointe par le remplaçant du Q7 actuel, dès l’été 2015. L’A3 est équipé du 1.4 TFSI, essence donc, dans une version portée à 150 chevaux, couplé à un moteur électrique de 75 kW. On arrive à une puissance cumulée de 204 chevaux ! La transmission est assurée par l’excellente boite automatique à double embrayage S-tronic 6. C’est d’ailleurs une première mondiale puisque les véhicules hybrides ne proposent aujourd’hui que des boîtes automatiques à variation continue, peu sportives et peu agréables. Les batteries sont positionnées sous la banquette arrière et le réservoir d’essence, de 40 litres, est placé sous le plancher du coffre. L’habitabilité est très exactement la même que celle d’une A3 Sportback en transmission quattro, les batteries et le réservoir prenant les espaces habituellement occupés par le système quattro. La e-tron n’est par conséquent disponible qu’en traction. Le système e-tron est capable de fonctionner selon quatre modes différents :

  • EV : c’est le mode 100% électrique, donné pour une autonomie d’une cinquantaine de kilomètres. Nous en avons fait une quarantaine, avec une conduite « normale », et avec les équipements de confort en marche : clim, feux, radio, GPS, toit ouvrant, … La vitesse est bridée à 130 km/h avec ce mode, afin de préserver l’autonomie de la batterie.
  • Hybrid auto : ce mode est très intéressant, puisqu’il permet d’économiser un maximum de carburant en utilisant les deux moteurs, en fonction de la destination entrée dans le GPS. Ce système s’adapte en fonction des routes empruntées : l’autoroute est trop énergivore pour les batteries, votre A3 basculera automatiquement en thermique, couplée à l’électrique en cas de besoin (dépassement musclé, par exemple)
  • Hybrid hold : ce mode préserve la batterie afin de garder un maximum d’autonomie électrique pour une utilisation ultérieure (ex. : centre-ville accessible uniquement à l’électrique).
  • Hybrid charge : recharge de la batterie de manière plus rapide, donc utilisation plus importante du moteur thermique, avec récupération de l’énergie cinétique (au freinage notamment). Et ça fonctionne bien : en 45 minutes de route vous rechargez la moitié de la batterie.
Tableau de bord - batterie pleine

Audi A3 Sportback e-tron S-tronic

e-tron, dans les faits

Je vais tout de suite vous calmer : ce n’est pas une S3 ! Cette déclinaison de l’A3 n’est pas sportive, ce n’est pas sa philosophie. C’est surtout dans son comportement qu’elle ne l’est pas : son surpoids de 300 kg (1 540 kg avec les pleins) par rapport à une A3 Sportback 1.4 TFSI 150 ch S-tronic, et ses suspensions tarées souples rendent cette auto confortable et douce. C’est vrai qu’une Audi a souvent tendance à être un peu cassante, mais là, c’est le grand confort. Du coup, cette A3 prend beaucoup de roulis et perd en précision de conduite ainsi qu’en agilité, mais une fois de plus, ce n’est pas une déclinaison sportive ! Pour le sport, Audi propose de nombreuses versions, mais non hybrides (en même temps, économie d’énergie et sport sont encore en tests en compétition…). Néanmoins, le couple délivré par les deux moteurs couplés est vraiment satisfaisant, je ne m’attendais pas à une telle capacité de mise en vitesse de la part d’une voiture de 204 ch pour 1 540 kg. elle est annoncé en 7.6 sec au 0-100 km/h et 222 km/h en vitesse de pointe : performances honorables ! En accélération, l’e-tron est, aux dires des représentants de la marque présents durant les essais, plus performante que la 1.8 TFSI 180 ch, version la plus performante avant la sacrosainte S3 (2.0 TFSI 300 ch).

Évidemment il faudra apprendre à utiliser au mieux les quatre modes de fonctionnement de l’A3 Sportback e-tron pour en tirer la quintessence en toute situation, mais déjà sur une journée complète et un long parcours sur lequel nous avons circulé en ville, voie rapide, route de campagne et même autoroute, on peut dire sans hésitation qu’il s’agit d’une voiture très agréable à conduire ! Et nous avons enfin une voiture hybride qui ressemble à quelque chose entre les mains (rapport à la Toyota Prius…) ! J’ai trouvé la conduite ludique en réalité : je n’ai pas cherché à rouler fort, mais en lieu et place du compte tours, vous avez un compteur vous indiquant le pourcentage de puissance utilisée, avec les tranches d’efficiences, de puissance max et de boost que vous utilisez. Du coup vous cherchez à rationaliser votre conduite, notamment lorsque vous êtes sur le mode électrique pour préserver l’autonomie des batteries ou encore en Hybrid charge pour justement les charger. Ce compteur part également en sens inverse pour vous indiquer la force de décélération lorsque vous freinez. Pourquoi ? Parce que lorsque vous freinez, c’est la génératrice qui freine afin de charger les batteries. En fait les freins vous ne les utilisez pas ! Du moins, pas les disques et les plaquettes, qui n’entrent en action que lors des très fortes sollicitations. Un autre point d’économie inespéré, d’autant que le poids de cette A3 faisait justement craindre pour la durée de vie du système de freinage ! Le freinage par la génératrice n’est pas gênant : le ressenti est le même que si vous étiez en prise avec des freins traditionnels… bluffant !

Audi A3 e-tron

Audi A3 Sportback e-tron S-tronic

Les tarifs

Je ne rentre habituellement pas dans ce genre de considérations pour n’évoquer que la partie plaisir et passion de l’auto essayée, mais je dois dire que cette Audi A3 Sportback e-tron est bien meilleur marché qu’on ne pourrait le penser. Il existe deux niveaux de finitions bien dotés :

  • Ambiente à partir de 38 900 €
  • Ambition Luxe à partir de 43 500 €

Mais il faut retirer à ces tarifs les 6 500 € de bonus écologique (4 000 €) et de super-bonus (2 500 €) reversés par l’Etat pour l’achat de véhicules hybrides rechargeables. Vous arrivez donc sensiblement au prix d’une Audi A3 1.8 TFSi 180 S-tronic 7 et êtes même moins cher que la version TDi 184 ch.

Intérieur

Audi A3 Sportback e-tron S-tronic

Conclusion

L’Audi A3 Sportback e-tron est un véhicule cohérent, rationnel, abouti, et premium. Pour une utilisation sans restriction, puisque vous pouvez demander à votre e-tron la même chose qu’à n’importe quelle autre auto, contrairement aux voitures 100% électriques, limitées à une utilisation purement urbaine et sans surprise dans son quotidien… Le seul point d’interrogation réside dans la durée de vie des batteries et la tenue de leur autonomie dans le temps. Mais l’économie de carburant est réelle : lors de cette journée d’essai nous avons consommé à peine plus de 3.8L/100km de moyenne, alors que nous avons roulé à un rythme normal, rapide mais souple, sans se restreindre sur certaines accélérations ou encore l’utilisation des systèmes de confort énergivores certes, mais pas là pour la déco.

L’A3 e-tron sera en concession dès le 20 novembre, l’occasion pour vous aussi de la découvrir et l’essayer.

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A propos de l'auteur

Guillaume Lescaroux
Guillaume Lescaroux

Passionné d'automobile depuis sa plus tendre enfance, Guillaume a toujours rêvé de pouvoir la partager avec toute personne sensible à ce secteur. Pilote à ses heures perdues, il a pris le volant pour Sport Auto lors de la saison 2011 de la Caterham Academy France.

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